La qualité de l'eau en pesticides

Dernière mise à jour le 02/06/2026

Les pesticides (produits phytopharmaceutiques ou phytosanitaires, biocides) sont des produits chimiques appliqués sur une culture, des plantes ou des aliments pour lutter contre des organismes vivants jugés nuisibles. Ils rassemblent les insecticides, les fongicides, les herbicides ou désherbants, les parasiticides. Ils regroupent plus de 1000 substances chimiques appartenant à près de 150 familles chimiques différentes. Pesticides et métabolites de pesticides peuvent polluer l'eau à des concentrations infimes.

Les objectifs

La Commission Locale de l'Eau a fixé les objectifs de qualité suivants concernant les pesticides :

  • ne pas dépasser 0,5 µg/L pour le cumul des substances actives quantifiées* à l'horizon 2021 (pour 90% des mesures),
  • ne pas dépasser 0,1 µg/L par substance active détectée

Ces objectifs correspondent aux normes relatives aux eaux distribuées pour l'alimentation en eau potable (qualité de l'eau « au robinet »).

* : pour une liste de constante de 342 substances

Respect de l'objectif pour le cumul des pesticides en 2025

En 2025, sur les 37 stations faisant l'objet d'un suivi des substances actives de pesticides (et leurs métabolites) avec une fréquence suffisante pour analyser les résultats :

  •  9 stations respectent l'objectif du SAGE (soit 24% des stations)
  •  13 stations présentent entre 10 et 40% de dépassements (soit 35% des stations)
  •  5 stations présentent entre 40 et 80% de dépassements (soit 14% des stations)
  •  10 stations présentent plus de 80% de dépassements (27% des stations)

24%
des stations respectent l'objectif de ne pas dépasser 0,5 µg/l pour le cumul des pesticides quantifiés en 2025

La carte ci-dessous présente pour chaque station faisant l'objet d'un suivi des pesticides et de leurs métabolites le résultat obtenu pour l'année 2025 : respect de l'objectif (pastille verte) ou non respect (pastille jaune, orange, rouge).

 

Les principaux micropolluants retrouvés en 2025

137
c'est le nombre de pesticides et leurs métabolites quantifiés dans les analyses d'eau en 2025, sur les 785 substances recherchées (17%).

28
c'est le nombre de pesticides et leurs métabolites analysés ne respectant pas l'objectif de 0,1 µg/l en 2025.

Le graphique ci-dessous présente les 28 micropolluants (substances actives ou leurs métabolites) les plus retrouvés dans les eaux de surface de l'ensemble du bassin de la Sèvre Nantaise en 2025.

Comment lire le graphique ?

Pour chaque substance active (molécule(s) composant un pesticide ou autre micropolluant) ou métabolite (substance chimique issue de la dégradation d'une substance active), le taux de quantification correspond au nombre de fois où cette substance a pu être quantifiée (c'est à dire que sa concentration a pu être mesurée) sur le nombre de fois où elle a été recherchée.

Ce taux est exprimé en pourcentage. Dans le cas où la substance active est quantifiée, sa concentration peut dépasser le seuil de 0,1 µg/L (en orange), voire de 2 µg/L (en rouge).

 

Le point sur les substances les plus quantifiées

  • L'AMPA (acide aminométhylphosphonique) est notamment l’un des principaux métabolites du glyphosate (substance active de l'herbicide "Roundup", "Axalis", "Glyper"...). L'AMPA peut également être issu de la dégradation d’autres molécules, les phosphonates contenus notamment dans des lessives, des détergents industriels et domestiques ou encore des liquides de refroidissement.
    L’AMPA est le pesticide le plus fréquemment retrouvé dans les analyses d'eau effectées dans cours d'eau du bassin de la Sèvre Nantaise en 2025 : il est quantifié dans 91% des analyses. Dans 4% des analyses la concentration en AMPA dépasse la limite de 2 µg/L, au-delà de laquelle l'eau (brute), qu'elle soit d'origine superficielle ou souterraine, ne peut plus être utilisée pour produire de l'eau potable. Et dans 57% des analyses, la concentration en AMPA dépasse l’objectif (et seuil de potabilisation) de 0,1 µg/L.

  • Le Benzotriazole est un additif anticorrosif utilisé en industrie et notamment dans les liquides de refroidissement. En 2025 il est retrouvé dans 64% des analyses d'eau et dans 2% des cas à une concentration dépassant la limite de 2 µg/L. L'objectif (et seuil de potabilisation) de 0,1 µg/L est dépassé dans 34% des cas.
  • Le Prosulfocarbe est une substance herbicide autorisée sur diverses cultures, moyennement volatile, non facilement biodégradable dans l'eau et pouvant s'adsorber dans le sol (source : ANSES 2018). En 2025 elle est retrouvée dans 30% des analyses d'eau et dans 0,5% des cas à une concentration dépassant la limite de 2 µg/L. L'objectif (et seuil de potabilisation) de 0,1 %g/L est dépassé dans 2% des cas.
  • Le MetolachlorESA, comme le MetolachlorOXA est un métabolite issu de du S-Metolachlore, un désherbant utilisé par les professionnels.

    En 2025 le MetolachlorESA est quantifié dans 82% des analyses réalisées sur le bassin et à des concentrations toujours inférieures au seuil « eau brute » de 2 µg/L, mais dans 47% des cas elle dépasse l’objectif (et seuil de potabilisation) de 0,1 µg/L.
    En 2025 le métabolite MétolachlorOXA est quantifié dans 31% des analyses réalisées sur le bassin et à des concentrations toujours inférieures au seuil « eau brute » de 2 µg/L, mais dans 27% des cas elle dépasse l’objectif (et seuil de potabilisation) de 0,1 µg/L.
    L'alachlore ESA, l'acétochlore ESA, l'acétochlore OXA, le métazachlore ESA, le métazachlore OXA, l'alachlore OXA, le métolachlore ESA et le métolachlore OXA sont majoritairement formés dans l'environnement, le sol en particulier, par biodégradation des molécules mère.

    Pour mémoire, deux des molécules mère de l’alachlore sont aujourd'hui interdites : l'alachlore et l'acétochlore.

  • Le Glyphosate est un herbicide employé en agriculture pour éliminer les végétaux des parcelles avant les semis et sans travailler le sol. Cette molécule est interdite pour les collectivités, les particuliers, et tolérée pour un usage agricole. En 2025 le glyphosate est quantifié dans 38% des analyses réalisées sur le bassin et dans 11% des cas à des concentrations dépassant l'objectif de 0,1 µg/L.
  • Le Méthylphénol-4 présente diverses origines industrielles et agricoles. Cette substance peut rentrer dans la composition de pesticides, de cosmétiques, de solvants à usages industriels (ex.métalurgie), de bactéricides. Elle peut aussi être retrouvée dans des produits hydrocarbures d'origine fossile.
  • Din-butylphtalate ou Phtalate de dibutyle est utilisé essentiellement comme plastifiant pour les matières plastiques et élastomères, également employé comme additif pour les adhésifs ou les encres d'impressions.
  • Le Chlortoluron est un herbicide autorisé sur les cultures de blé, orge et graminées et légumineuses fourragères. Selon INERIS cette substance est susceptible de provoquer le cancer, de nuire au foetus et présente une forte toxique pour des organismes aquatiques. En 2025 le Chlortholuron est quantifié dans 25% des analyses d'eau sur le bassin, et dans 2,5% des cas à des concentrations dépassant l'objectif de 0,1 µg/L.
  • Le Métobromuron est une substance herbicide d'origine agricole (pommes de terre, soja, tournesol, etc.).
  • Le Bentazone est une substance issue d'herbicides utilisés en agriculture. Son interdiction en 2020 a concerné certains usages (désherbage sur céréales par exemple) mais cette substance reste aujourd'hui autorisée sur certaines cultures telles que le maïs, les crucifères et légumineuses fourragères, le sorgho.

 

 


Origines des pesticides

L'agriculture est le premier utilisateur de pesticides, mais ceux-ci sont également utilisés très ponctuellement par les collectivités pour l'entretien de certains espaces (pour des espaces autorisés dans le cadre de la loi Labbé en vigueur depuis le 1er janvier 2017 ou ayant recours à des biocides), par les gestionnaires d'infrastructures de transport (voies ferrées, autoroutes, etc.) ainsi que par les particuliers (point d'attention : au 1er janvier 2019 seuls les biocides et produits à faible risque seront autorisés à la vente, détention et usage).


Le transfert des pesticides vers les cours d’eau et milieux aquatiques s'effectue majoritairement par ruissellement tandis que son transfert vers les eaux souterraines se fait de manière « retardée » par infiltration.

 

Effets

Les pesticides contaminent tous les types de milieux (eau de surface, eau souterraine, air, sols, aliments, organismes vivants...). Ces produits perturbent aussi la production d’eau potable : des investissements et des coûts de fonctionnement importants sont nécessaires pour abattre leurs concentrations. Toxiques pour les êtres vivants et l’homme, leurs effets peuvent être aigus (à l’ingestion ou l’inhalation) ou retardés avec des risques de pathologies cancéreuses et cardiaques, des troubles de la reproduction et du développement (ce sont des perturbateurs endocriniens), des troubles neurologiques, immunitaires...

Pour plus d'informations :

 

Actions pour la reconquête de la qualité de l'eau

Retrouvez sur la page Les actions / Améliorer la qualité de l'eau, l'ensemble des actions de reconquête de la qualité de l'eau.