La qualité de l'eau en pesticides

Dernière mise à jour le 11/01/2017

Les pesticides (produits phytopharmaceutiques ou phytosanitaires ou biocides) sont des produits chimiques appliqués sur une culture, des plantes ou des aliments pour lutter contre des organismes vivants jugés nuisibles. Ils rassemblent les insecticides, les fongicides, les herbicides ou désherbants, les parasiticides. Ils regroupent plus de 1000 substances chimiques appartenant à près de 150 familles chimiques différentes. Ils peuvent polluer l'eau à des concentrations infimes.

Les objectifs

La Commission Locale de l'Eau a fixé 2 objectifs concernant les pesticides :

  • 0,5 µg/L pour le cumul des substances actives analysées* (pour 90% des mesures) en 2021
  • 0.1 µg/L par molécule analysée en 2021

* : pour un liste de substances constante

Respect de l'objectif pour le cumul des pesticides en 2015

 En 2015, sur les 17 stations faisant l'objet d'un suivi des pesticides :

  • 3 stations respectent l'objectif du SAGE (soit 18%)
  • 3 stations présentent entre 10 et 40% de dépassements
  • 5 stations présentent entre 40 et 80% de dépassements
  • 6 stations présentent plus de 80% de dépassements

La carte ci-dessous présente pour chaque station faisant l'objet d'un suivi des pesticides le résultat obtenu pour l'année 2015 : respect de l'objectif (pastille verte) ou non respect (pastille jaune, orange, rouge).

Vous pouvez agrandir la carte en cliquant sur le bouton en haut à droite de la carte.

Les principaux pesticides retrouvés en 2015

Le graphique ci-dessous présente les 25 substances actives "les plus retrouvées" dans les eaux du bassin de la Sèvre Nantaise en 2015.

Comment lire le graphique ?

Pour chaque substance active (molécule(s) composant un pesticide), le taux de quantification correspond au nombre de fois où cette substance est détectée lorsqu'elle est recherchée. Il est exprimé en pourcentage. Dans le cas où la substance active est détectée, sa concentration peut dépasser le seuil de 0.1µg/L (en orange), voire de 2 µg/L (en rouge).

Le nombre indiqué sur chaque ligne correspond au nombre de fois où la molécule a été recherchée en 2015.

77
c'est le nombre de substances actives détectées dans les analyses d'eau en 2015 sur les 457 substances recherchées.

En 2014, 499 substances avaient été recherchées, 85 avaient été détectées (17%).

Le point sur les substances les plus quantifiées

L'AMPA (acide aminométhyl phosphonique), est la molécule la plus retrouvée sur le bassin : il s'agit notamment de la principale molécule de dégradation du glyphosate, (substance active de l'herbicide "Roundup", "Axalis", "Glyper"...).

Récemment, d’autres origines de cette substance ont été identifiées par les scientifiques : l'AMPA serait également un métabolite (ou molécule de dégradation) de phosphonates contenus notamment dans des lessives, des détergents industriels et domestiques ou encore des liquides de refroidissement.

L'AMPA est présent dans 92% des analyses en 2015 et présente des concentrations très élevées qui dépassent dans près de 79% des analyses l'objectif de 0.1 µg/L. 10% des analyses dépassent la limite de 2 µg/L, au-delà de laquelle l'eau (brute), qu'elle soit d'origine superficielle ou souterraine, ne peut plus être utilisée pour produire de l'eau potable.

Le glyphosate est également retrouvé dans 52% des analyses dans des concentrations dépassant dans 33% des analyses l'objectif de 0.1 µg/L.

Certains dérivés de l'atrazine, herbicide interdit depuis 2003, sont encore retrouvés en 2015, notamment le 2-hydroxy atrazine, ce qui s'explique par son mauvais profil environnemental (processus de dégradation dans le milieu très lent). En 2015, son taux de quantification est de 69% - en recul par rapport à 2014 (93%).

Le Diuron, herbicide utilisé en viticulture, arboriculture et par les professionnels non agricoles est détecté dans 43% des analyses sur le bassin alors que son usage a été interdit depuis décembre 2008. Cette substance serait encore employée dans certains produits de traitement de façades et toitures (anti-mousse, algicide), avec un transfert direct vers le réseau d’eaux pluviales et les cours d’eau. Son taux de quantification a cependant baissé par rapport à 2014 (74%).

La simazine-hydroxy, issue de la dégradation de la simazine (désherbant interdit depuis 2003), présente un taux de quantification 73%. Elle n'a cependant été recherchée que 11 fois en 2015.

 


Origine des pesticides

L'agriculture est le premier utilisateur de pesticides, mais ceux-ci sont également utilisés par les collectivités pour l'entretien des espaces publics (parcs, jardins, cimetières, terrains de football...), par les gestionnaires d'infrastructures de transport (voies ferrées, autoroutes, routes départementales et nationales) ainsi que par les particuliers (jardinage...). Le transfert des pesticides vers les cours d’eau et milieux aquatiques s'effectue majoritairement par ruissellement tandis que son transfert vers les eaux souterraines se fait de manière « retardée » par infiltration.

Effets

Les pesticides contaminent tous les compartiments de l’environnement aquatique (eau de surface, eau souterraine). Ces produits perturbent la production d’eau potable : des investissements et des coûts de fonctionnement importants sont nécessaires pour abattre leurs concentrations. Toxiques pour les êtres vivants et l’homme, leurs effets peuvent être aigus (à l’ingestion ou l’inhalation) ou retardés avec des risques de cancérogénicité, troubles de la reproduction et du développement (ce sont des perturbateurs endocriniens), troubles neurologiques...

Actions pour la reconquête de la qualité de l'eau

Retrouvez sur la page Les actions / Améliorer la qualité de l'eau, l'ensemble des actions de reconquête de la qualité de l'eau.